Pignon à Montréal

Blog d'un étudiant de Sciences Po Lyon (IEP) en Séjour académique à Montréal: Pierre Balcon 20ans.

08 avril 2008

Question de Boycottage

Les péripéties de la flamme olympique à Paris font jaser. Et c’est les québécois qui tiennent à féliciter la France.

Je cite un chroniqueur que j’ai lu ce matin, Patrick Lagacé de La Presse, : « Bravo, aux français d’avoir foutu le bordel à Paris, hier, au passage de la flamme olympique. Vive la France ». Et un lecteur dans son courrier : « Je suis très fière de mes cousins français, qui rendent honneur à leur slogan Liberté-Egalité-Fraternité » face à la Chine. »

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Si vous voulez voir la chronique de Lagacé :

http://www.cyberpresse.ca/article/20080408/CPOPINIONS05/804080614/6741/CPOPINIONS

L’épisode est largement relaté dans les journaux d’ici, à grand coup de chroniques, de tribunes et d’article (3 pages dans La Presse). On discute toujours depuis un bon bout de temps : Faut il boycotter ou non les Jeux ? Le Premier ministre canadien, Stephen Harper, a fait savoir il y a 3-4 semaines qu’il ne se rendrait pas en personne à Pékin, mais qu’un représentant canadien sera bien présent.

A lire les chroniques et les courriers de lecteurs abondants ces derniers temps, j’ai l’impression que, dans l’ensemble, les québécois ne sont pas vraiment en accord avec la ligne du premier ministre fédéral, et sans aller jusqu’au boycott total, ils souhaitent que les politiciens refusent toute invitation aux Jeux Olympiques

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04 avril 2008

what does québec want?

What does Quebec want ? c’est la question que tous les canadiens anglais se posent, eux qui n’ont pas vu venir l’émergence du mouvement souverainiste au Québec dans les années 1960. Ces revendications sont la conséquence de la domination historique qu’ils ont exercée sur les canadiens français.

La meilleure réponse à la question a été donnée par Jacques Parizeau, ancien premier ministre de la province, en 1967 : « Personne ne le sait de façon certaine, la situation évolue constamment »

Soit, mais je vais quand même expliquer (après 7 mois ici, à essayer de comprendre les aspirations de nos cousins) comment je vois les aspirations des québécois.

On ne peut pas comprendre les désirs québécois si on ignore les évènements de 1763, date de l’abandon du Canada par la France à la suite de sa défaite militaire contre l’Angleterre à Québec. A partir de ce moment, les canadiens français (les ancêtres des québécois), vivent dans une situation de dominés, et se renferment dans les campagnes du Québec, pendant que les canadiens anglais investissent les villes québecoises (Montréal surtout) et font des affaires. A partir de ce moment, les canadiens français vivent isolés, développent leur culture, la consolident, entretenant par là même l’idée de nation canadienne française. J’évite de rentrer dans le détail, ça risquerait d’être trop long

1930-1970, c’est la décolonisation, le démembrement des grands empires, anglais et français notamment. Toutes les colonies sont devenues indépendantes. Toutes ? Non, seul le Québec attend toujours. Certes, le Canada, est devenu progressivement un pays indépendant entre 1867 (date de sa création juridique) et 1932 (date à partir de laquelle il jouit d’une personnalité internationale), mais pour les québécois c’est la même chose : à la domination anglaise a succédé la domination canadienne anglaise. Et leur nation, qu’ils appellent en 1960 la nation québécoise ne sera vraiment libre et épanouie qu’à partir du moment où seront renversés les évènements de 1763, quand le peuple québécois disposera de lui-même.

Hormis des militants ultra minoritaires, aucun nationaliste québécois ne souhaite vraiment la sécession avec le reste du Canada, car ils sont conscients de partager désormais une histoire commune et des intérêts communs avec le reste du Canada, bien qu’ils constituent une nation à part.

C’est pourquoi on ne parle jamais de partis indépendantiste mais plutôt de parti souverainiste. Pour les souverainistes, le Québec doit avoir un statut distinct dans la constitution canadienne, conformément à son caractère de société distincte dans le Canada. C’est pourquoi on revendique une souveraineté totale en matière de politique sociale, linguistique (défense du français oblige), culturelle et étrangère (le Québec doit avoir une représentation internationale). En matière économique, c’est l’idée de coopération avec le reste du Canada qui est défendue (pas question d’avoir une monnaie québécoise par exemple). Quasi-unanimes contre l’idée d’une indépendance totale du Québec, les souverainistes doivent encore se mettre d’accord sur les degrés d’autonomie dont le Québec doit disposer…

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Ainsi le but recherché par l’obtention de la souveraineté est la sauvegarde de la nation québécoise dans un océan d’anglophones. Afin de rassurer les québécois, le Gouvernement canadien a beaucoup essayé depuis 1980 de franciser le Canada en accordant d’avantage de place au français dans les institutions fédérales. Mais les souverainistes considèrent que cela n’est que de la poudre aux yeux et que ce ne fera pas disparaître à terme les menaces qui pèsent sur la survie des francophones.

La question du statut du Québec, qui n’a jamais cessé d’être, est particulièrement vive depuis 1960 et tout le monde s’accorde à dire que les débats et les revendications ne s’arrêteront qu’à deux conditions :

- L’obtention par les québécois d’un statut qui reverserait de manière décisive la domination subie depuis 1763 et qui leur donnerait des pouvoirs conformes à l'idée qu'ils se font de leur nation.

- La minorisation des francophones sur le territoire même du Québec, qui – à mon avis – n’aura pas lieu avant un siècle et demi au pire (ils représentent 80% de la population du Québec et 65% de la population montréalaise)

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Les québécois ont du se prononcer deux fois par référendum sur la souveraineté: En 1980 (rejetée à 60%) et en 1995 (rejetée à 50,5%). Malgré tout, la position des québécois sur la question est très fluctuante, variant au gré de l'actualité fédérale : scandale au niveau du pouvoir fédéral = hausse des intentions souverainistes // subventions du pouvoir fédéral au Québec = baisse des intentions souverainiste. Parce que les québécois n'affichent pas clairement, majoritairement et en toute circonstance la volonté d'être un peuple souverain, l'option souverainiste n'a que très peu de chances de l'emporter au Québec. Même le Parti Québécois (le parti qui défend historiquement cette option) a retiré l'objectif de la souveraineté du Québec de ses statuts.

Mais ce n'est pas parce que les québécois ne formeront jamais un peuple souverain qu'ils se fonderont tranquillement dans la masse canadienne...

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31 mars 2008

La politique des québécois

Ceux qui adorent les bavardages politiques seront ravis au Canada: Il y a deux scènes politiques. Il y a la scène politique fédérale, que j'ai déja évoquée (http://pignonamontreal.canalblog.com/archives/2007/10/17/6564737.html) et la scène politique provinciale. Dans les provinces canadiennes autres que le Québec, la politique provinciale est un peu un calque de la politique fédérale: il y a les libéraux et les conservateurs. En quelque sorte: A l'Ouest rien de nouveau.

Au Québec, la politique est beaucoup plus intéressante, divergeance des positions à l'égard du statut à revendiquer par le Québec oblige. Alors que dans les autres provinces canadiennes la politique porte sur les affaires courantes à expédier, la politique québécoise tourne beaucoup plus souvent autour de l'identité québécoise et de sa sauvegarde. Tous les partis du Québec sont d'accord pour considérer que le Québec est un peuple distinct au sein du Canada mais tous divergent sur l'importance à donner à ce caractère distinct et sur l'énergie à délivrer pour le sauvegarder.

Trois partis politiques provinciaux:

PLQ_logo000090_jean_charestLe Parti Libéral du Québec: C'est le parti au pouvoir depuis 2003. C'est le parti le plus fédéraliste, qui refuse toute sorte de souveraineté du Québec, mais qui n'hésite pas à défendre fermement la francophonie dans la province (la majorité des libéraux sont favorables au renforcement de la loi 101 de défense du français au Québec, loi qui est pourtant le joyau des souverainistes). COntrairement à tous les autres partis libéraux provinciaux, le parti libéral du Québec ne dépend pas du parti libéral canadien, divergeances de vues sur la place du Québec au Canada oblige... Son chef est l'actuel premier Ministre, Jean Charest.

260px_1_adq_logo000170_mario_dumontL'Action Démocratique du Québec (ADQ) est le parti de l'opposition officielle. c'est un parti autonomiste et de centre-droit. Le parti revendique le rapatriement au Québec de plusieurs pouvoirs et l'occupation de tous les champs de juridiction québécoise (dans lesquels le gouvernement fédéral empiète). Le parti est aussi très à cheval sur les question identitaires et revendique un contrôle plus poussé de l'immigration au Québec (notamment franciser les immigrants). Son Chef, Mario Dumont, souvent taxé de populisme, a d'ailleurs fait un tour en France la semaine dernière pour discuter un peu immigration avec Horfefeux... Accessoirement, il a aussi donné une conférence à l'IEP de Lyon^^.

260px_Parti_Qu_C3_A9b_C3_A9cois_svgpauline1ereLe Parti Québécois (PQ) est le parti souverainiste. Existant depuis 1968, Il exerce le pouvoir en alternance avec les libéraux. Il a provoqué les deux référendums (avortés) sur la souvraineté du Québec (1980 et 1995). Il a établi une abondante législation de défense du français. Depuis l'echec du référendum de 1995 (50,5% des québécois ont rejeté l'autonomie), il ne revendique plus la pleine souveraineté du Québec, mais défend toujours la capacité du Québec à être maître de ses propres politiques. Sa chef, Pauline Marois, fait parler d'elle d'avantage pour son incapacité a parler anglais que pour ses propres discours.

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06 février 2008

Les canadiens et l'élection présidentielle américaine

Les canadiens suivent de très près les élections présidentielles américaines, on n'en doutait pas: Ils sont 64% à s'interesser à ces élections, 77% en Colombie Britanique (Vancouver), la plus américaine des provinces canadiennes.

Comme pour tous les pays étrangers aux Etats-Unis, c'est toujours les démocrates qui ont la côte chez les canadiens: 62% des canadiens voteraient démocrate, contre 17% qui voteraient républicains. Les Québécois sont les plus démocrates des canadiens (69%).

Et entre Hillary Clinton et Barack Obaman, les canadiens choisissent sans ambiguité la femme, à 42% contre 27% pour Barack Obama. Le meilleur des républicain, John McCain, récolte un petit 8% et Mitt Romney 2%. C'est dit. Et les Québécois appuient encore plus Hillary avec 51%. Car le Québec est la province la plus féministe du Canada

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Source: Sondage Unimarketing paru dans La Presse du 4 fevrier

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06 décembre 2007

De la politesse en politique

On savait les Québécois très polis, pas avare de panneaux incitant à la politesse. Il y a mieux: les députés québécois sont sommés de ne pas dire de gros mots à l'Assemblée Nationale (Le parlement de la province de Québec)!

Eh oui, un article du règlement interne de l'Assemblée stipule que "les députés ne peuvent utiliser de propos violents, injurieux ou blessants à l'adresse d'un autre parlementaire". Quand le président de la chambre considère qu'un propos est inaproprié, il l'inscrit sur une liste de termes proscrits.

Dernier mot proscrit: "Girouette" qui est le 222e à apparaitre sur la liste. Parce que le Premier ministre l'à employé à l'endroit d'un des chefs de file de l'opposition (pour les connaisseurs: Mario Dumont) en lui reprochant de changer tout le temps d'avis sur un même sujet.

Pour rigoler un peu, un petit passage en revue de ces fameux mots interdits:

- Clown ("Le ministre des finance peut il arrêter de faire le clown et laisser ça aux humoristes")

- Pyromane

- Con (^^)

- Basse-cour (à propos des députés "ordinaires" : "Madame, pouvez vous faire taire votre basse cour")

- Fermer sa boite (se taire)

- Cochon

- Couillonner les citoyens du Québec

- Crétinerie

- Marionette

- Vomir

- Bebites

- Bouffon

et j'en passe...

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27 novembre 2007

La politique vue par les canadiens

Il n'y a pas qu'en france que la classe politique n'est pas très bien vue.

Au Canada, c'est aussi le cas. La preuve pas images:

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Ici, Gilles DUCEPPE, chef du Bloc Québécois

Par contre, ici , le mot "politicien" n'est pas du tout péjoratif pour désigner les hommes politiques.

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26 août 2007

Un peu d'actu politique...

Dans le Chemin de la Côte des Neiges (qui est – comme son nom ne l’indique pas – une des plus longues avenues de Montréal) que nous empruntons tous les jours en bus (ou en vélo !) pour rejoindre le centre ville, nous croisons à chaque panneau de signalisation des affiches publicitaires de candidats politiques… Pourquoi donc ?

Après recherche d’infos, j’apprends qu’il s’agit en fait de la tenue d’élections fédérales partielles dans le quartier d’Outremont, qui auront lieu le 17 février. L’élu deviendra député du canton au parlement fédéral d’Ottawa. Outremont est le quartier voisin de Mont-Royal, ou j’habite, il suffit juste de traverser le Boulevard, située derrière la maison !

Je passe les enjeux des élections, ça ne concerne que les canadiens et ça n’intéresse que moi en tant qu’étudiant en « immersion ». Mais j’ai envie d’en parler car c’est intéressant de comparer les atmosphères d’approche des élections au Canada et en France.

Ici, Il faut savoir que c’est un peu anarchique pour la campagne électorale. Il n’y a pas de panneaux réservés à l’affichage comme chez nous. D’ailleurs l’affiche papier n’existe pas, ce sont des affiches plastifiées et rigides qu’ils accrochent aux poteaux de signalisation routière de la ville, un peu comme font les cirques pour annoncer leur passage dans la ville locale en France. Je met au défi quiconque de me trouver un poteau ou ne figure pas d’affiche électorale !

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Vu dans Outremont

Autre chose intéressante à remarquer : on dirait qu’il n’y a que quatre candidats : Un conservateur (le parti de l’actuel premier ministre, Stephen Harper), un libéral, un démocrate (Nouveau parti démocrate) et un bloquiste (de Bloc Québécois, partisan de l’autonomie du Québec). Mais en fait, il y a une dizaine de candidats. L’omniprésence médiatique des quatre principaux candidats reflète bien leur pouvoir économique issue de leur situation de parti important et la faiblesse des subventions publiques. Faut il se féliciter de l’absence de gâchis électoral ? Ou plutôt se désoler que d’autres idées ne soient pas perçues par l’électorat ?

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Le candidat du Bloc Québécois

On peut remarquer une candidature fantaisiste du Coluche canadien (sauf qu’il n’est pas comédien de profession), qui se surnomme «Godzilla » Salmi – François Gourd de son vrai nom, chef du parti Rhinocéros aux propositions plus que loufoques. La dernière en date, faite ce matin : S’il obtient la majorité au parlement fédéral, il promet de changer le nom du pays pour l’appellation «  Nantucket » (nom d’une île située dans le Massachusetts).

Petite revue des idées du parti Rhinocéros, pour rigoler un bon coup :

-Réduire la vitesse de la lumière parce qu'elle va beaucoup trop vite.

- Fournir une éducation plus élevée aux Canadiens en construisant des écoles plus hautes.

- Mettre fin à la crise de l'énergie, en réduisant les coûts du transport en déplaçant les villes de Montréal de 50 km vers l’ouest et Toronto de 50 km vers l’est

- Annexer les États-Unis afin d'élever la température moyenne du Canada d'un degré Celsius.

- Déclarer la guerre à la Belgique car un personnage de bande dessinée belge, Tintin, a tué un rhinocéros dans un des albums. - Compter les Mille-Îles (archipel dans le lac Ontario) pour s'assurer qu’aucune n'est absente.

- Rendre les Canadiens plus forts en mettant des stéroïdes dans l'eau

- Offrir une goupille à l'île de Grenade.

- Et la promesse qui résume toutes les promesses : Ne respecter aucune promesse.

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Godzilla Salmi, candidat fantaisiste

Posté par pignonamontreal à 00:24 - Politique - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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